Pourquoi a-t-on parfois l’impression de retomber toujours dans le même type d’histoire, avec des scénarios qui se ressemblent, malgré des partenaires différentes ? Dans les relations lesbiennes, comme dans toutes les relations amoureuses, il existe des schémas d’attirance récurrents. Ils ne sont ni une fatalité, ni une faiblesse : ce sont souvent des mécanismes profonds, façonnés par l’histoire personnelle, le contexte social et les premières expériences affectives.
Cet article s’inscrit dans une réflexion plus large autour des dynamiques émotionnelles propres aux relations lesbiennes, et propose une lecture claire, sans jargon inutile, pour comprendre pourquoi certains patterns se répètent… et comment commencer à les reconnaître.
1. C’est quoi un schéma d’attirance ?
Un schéma d’attirance, c’est une tendance inconsciente à être attirée par des personnes qui déclenchent les mêmes dynamiques émotionnelles :
- même type de personnalité
- même rapport à l’engagement
- même déséquilibre affectif
- même intensité, même souffrance… ou même fuite
Ce n’est pas “tomber amoureuse du mauvais genre de femme”, mais rejouer une logique émotionnelle familière, parfois rassurante, parfois destructrice.
👉 Ce qui est familier n’est pas toujours sain, mais le cerveau préfère souvent le connu à l’inconnu.

2. Les patterns les plus fréquents chez les lesbiennes
🔁 Le cycle “je sauve / je me perds”
Très courant : être attirée par des femmes blessées, instables ou indisponibles émotionnellement.
- Tu donnes beaucoup
- Tu comprends tout
- Tu t’adaptes sans cesse
- Tu t’oublies progressivement
Pourquoi ça revient ?
Parce que l’amour est confondu avec l’utilité. Être aimée devient synonyme d’être indispensable.
🔁 L’attirance pour l’inaccessible
Femmes hétéro-curieuses, déjà en couple, pas prêtes, émotionnellement fermées ou ultra-indépendantes.
Ce pattern nourrit :
- l’intensité
- l’attente
- le fantasme
Mais empêche souvent :
- la sécurité
- la réciprocité
- la construction réelle
👉 Le désir se maintient parce que le manque entretient l’illusion.
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🔁 La fusion rapide, puis l’effondrement
Relation très intense dès le départ :
- projection rapide
- sentiment de “c’est elle”
- connexion fusionnelle
Puis arrivent :
- la jalousie
- la peur de l’abandon
- l’étouffement ou la rupture brutale
Ce schéma est souvent lié à une peur profonde de la perte, masquée par l’intensité.
3. Le poids spécifique du vécu lesbien
Les lesbiennes ne partent pas toutes du même point que les couples hétéros. Plusieurs facteurs influencent fortement les schémas relationnels :
- coming out tardif ou compliqué
- relations cachées ou non reconnues
- manque de modèles relationnels stables
- premières histoires vécues dans la clandestinité
Résultat : l’amour peut être inconsciemment associé à l’urgence, au secret ou à la peur, plutôt qu’à la stabilité. Ces mécanismes peuvent aussi se retrouver chez des profils plus réservés, comme on l’observe chez certaines femmes qui se définissent comme lesbiennes introverties dans leurs relations affectives.
👉 Le contexte social marque les schémas, même quand on pense s’en être détachée.
4. Pourquoi on répète, même quand on sait ?
Parce que le schéma n’est pas logique, il est émotionnel.
On répète parce que :
- le corps reconnaît une émotion familière
- le cerveau cherche à “réparer” une blessure ancienne
- on espère une fin différente avec le même scénario
💡 Répéter, ce n’est pas être stupide.
C’est tenter inconsciemment de reprendre le contrôle sur une histoire non résolue.
5. Identifier son pattern (exercice simple)
Pose-toi ces questions, honnêtement :
- Qu’ont en commun mes trois dernières relations ?
- À quel moment je commence à souffrir ?
- Qu’est-ce que je donne toujours trop vite ?
- Qu’est-ce que je tolère que je ne devrais pas ?
Souvent, le point commun, ce n’est pas l’autre… c’est la dynamique.

6. Peut-on vraiment changer de schéma ?
Oui. Mais pas uniquement en “choisissant mieux”.
Changer un pattern demande :
- de ralentir l’entrée en relation
- d’écouter les signaux d’inconfort précoces
- d’accepter que le calme puisse être sain
- de déconstruire l’idée que l’amour doit faire mal
👉 Le vrai changement commence quand l’attirance cesse d’être le seul critère.
7. Vers des relations plus conscientes
Sortir d’un schéma ne signifie pas devenir froide, distante ou méfiante.
Cela signifie :
- choisir une relation où l’on peut rester soi
- préférer la cohérence à l’adrénaline
- accepter d’être aimée sans se sacrifier
Les patterns ne disparaissent pas d’un coup.
Mais les reconnaître, c’est déjà ne plus les subir aveuglément.
En résumé
Les schémas d’attirance chez les lesbiennes ne sont ni un cliché ni une fatalité. Ils racontent une histoire : celle de besoins non entendus, de blessures anciennes et parfois d’un monde qui n’a pas toujours laissé la place à des amours simples et visibles.
Comprendre ses patterns, ce n’est pas se juger.
C’est reprendre la main sur sa vie affective.

