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Vieillir ensemble et fièrement : la Maison des RebElles, un havre pour les lesbiennes âgées à Montréal

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Une aventure collective de longue haleine

À Montréal, un groupe de femmes lesbiennes âgées de 55 à 82 ans a concrétisé un projet de vie commun mûri pendant plus de dix ans : la Maison des RebElles. Né d’un long processus marqué par la ténacité, des négociations complexes avec des promoteurs et de nombreuses démarches administratives, ce lieu autogéré regroupe aujourd’hui 22 logements.

Principalement occupé par des lesbiennes âgées, l’immeuble accueille aussi des alliées partageant des convictions féministes fortes. Chaque résidente dispose de son espace privé, tout en ayant accès à des pièces communes favorisant les repas partagés, les discussions et les activités collectives selon les envies de chacune.

Ce modèle s’inscrit pleinement dans les réflexions actuelles autour des initiatives communautaires LGBTQ+, comme on a pu le voir avec l’ouverture de résidences pensées pour les seniors LGBT, qui cherchent à concilier autonomie, sécurité et reconnaissance.


Une communauté pour vieillir en sécurité et en reconnaissance

La Maison des RebElles repose sur une volonté claire : vieillir ensemble, sans se cacher ni s’expliquer. « On est une tribu, avec un vécu commun de joies et de luttes », confie Andrée, 74 ans, ancienne professeure de danse. Le salon collectif est imprégné de cette mémoire militante, avec des symboles forts comme une affiche de la marche Du pain et des roses de 1995 ou des numéros du magazine féministe La Vie en rose.

Ces trajectoires individuelles s’inscrivent dans une histoire plus large, marquée par des combats constants pour l’égalité et la visibilité, comme le rappelle l’évolution des droits abordée dans l’histoire des droits des lesbiennes à travers les générations.

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De l’idée au besoin vital

Pour Lou, 72 ans, aux multiples vies professionnelles – traductrice, guide de kayak, musicienne –, l’idée ne date pas d’hier : « On en parlait déjà dans la trentaine, mais il nous a fallu attendre encore trente ans pour passer à l’action. » La pandémie de Covid-19 a joué un rôle décisif en révélant la vulnérabilité des personnes âgées dans les structures classiques. « On ne voulait pas finir isolées dans des résidences où notre réalité n’est pas comprise », explique Andrée.


Un projet solidaire et inclusif

La Maison des RebElles s’intègre dans un ensemble plus vaste de 112 logements comprenant aussi des espaces destinés à des femmes seules ou en situation de précarité. Lors de la première visite, l’émotion était intense. « On avait du mal à croire que c’était enfin réel après dix ans de combat », se souvient Andrée.


Une construction humaine fondée sur la solidarité

Le chemin n’a pas été sans embûches. Des tensions ont parfois menacé la cohésion du groupe. C’est la pratique de la communication non violente qui a permis de dépasser les conflits et de maintenir le cap. Le collectif s’est également inspiré d’expériences similaires, comme la Maison des Babayagas fondée par Thérèse Clerc à Montreuil, en France.


Un refuge face aux discriminations persistantes

Au-delà du logement, la Maison des RebElles constitue un véritable refuge. « Dans les résidences classiques, on nous demande souvent si on a un mari, et la discussion s’arrête là », raconte Andrée. Ici, les parcours sont compris sans justification. Ce n’est pas un repli, mais un espace où le vécu lesbien est pleinement reconnu, respecté et valorisé, dans une logique qui s’inscrit naturellement dans les actualités LESBIENNE et les nouvelles formes de solidarités communautaires.

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